| Les derniers heurts du monster circus show (posté le 14/02/2009 à 13:09) |
| L'ex-femme du Yéti, un Georges soluble, une tête, une sirène qui ne sait pas nager, un mage gonflé, un clown alcoolique, une ogresse, une vampirette, tout commence par une galerie de horreurs comique (tiens, j'avais oublié Ben, l'homme invisible). On passe ensuite à l'arrière du décors, glauques affaires de famille, cannibalisme, amours brisées, le musée des horreurs devient vraiment horrible. On glisse vers la catastrophe. La pièce se complexifie. On rit toujours, en se disant que c'est horrible de rire. A la fin, les personnages s'entre-dévorent, l'homme soluble fond pour les beaux yeux de sa sirène qui se noie, Vampirette tue ceux qui restent. L'humour s'est noirci. La pièce remue. On ne sait plus qu'en penser... | |
| Le Goût des mots (posté le 24/11/2008 à 18:36) |
| Soirée intimiste (3 participants...) mais séduisante. Des vins et des mots, des échos. Petit blanc sec pour une nouvelle un peu sèche, rouge costaud pour une histoire de bistrot pas assez costaude, belle robe et belle rondeur d'un cépage noble pour une 'Parure' de Maupassant sublimée, incontestablement le plat de résistance de cette soirée, souvenirs de noix et de madère pour une 'Première gorgée de bière' d'un papa Delerm qui nous fait réfléchir sur le dimanche soir et qui nous rappelle que la prochaine sortie, c'est chez le fiston... Il est des cadeaux d'anniversaire que l'on a plaisir à s'offrir. Vincent | |
| Britannicus (posté le 19/10/2008 à 12:04) |
Tragédie classique... L'intitulé fait peur. Longues tirades en alexandrins, sujets très compliqués, personnages aux liens familiaux tordus, problématiques d'un autre temps...
Rien de tout ça dans le Britannicus du théâtre des Osses. L'alexandrin sert la passion des personnages, la renforce, nous expose avec plus de violence et de clarté la cruauté presque grotesque d'un Néron dont les crimes font froid dans le dos, la soif de pouvoir et d'amour filial (le mot amour n'est pourtant jamais laché...) d'une Agrippine impressionnante, jouée par une Véronique Mermoud en état de grâce, la mesquinerie cynique de Narcisse, la niaiserie de Britannicus, la vertu impuissante de Burus.
La mise en scène et sobre. Elle se concentre sur les mots de Racine, dont je découvre, après pourtant l'avoir souvent lu (un peu par obligation, avouons-le), le génie et l'efficacité dramatique. Je pensais que la tragédie classique, et en particulier Racine, ne parlait plus aux hommes du 21ème siècle. J'ai eu la preuve, lors de cette dernière sortie des parenthèses, du contraire. Racine est plus que jamais parlant, il faut juste qu'il soit bien dit.
Vincent | |
| Arlequin ou le diable amoureux (posté le 25/07/2008 à 08:48) |
A la tombée du jour, installés sur des tréteaux de fortune, sous une potence fort fréquentée, devant la maison de Pantalon, les pitres de service amusent la galerie. En guise de galerie, la population d'un petit village de la Broye et quelques amis en quête de parenthèse.
Effets sonores ? Les cloches de l'église paroissiale. Effets comiques ? Toute la panoplie de la commedia dell'arte remise au goût du jour et teintée d'un brin de Molière. Les personnages, magnifiquement masqués comme il se doit, Arlequin le bouffon, Valère l'amoureux, Pantalon le barbon, Martine l'épouse infidèle, une jeune première un peu énervée et un bourreau pas très efficace, sont typés à souhait.
Rien de bien original mais, au terme d'une soirée de rire sans arrière-pensée, on comprend la force de ce théâtre. Sur les routes de France au siècle de Louis XIV ou sur les routes de Fribourg au siècle de Pascal Couchepin, la réussite est garantie, car ces personnages, quand le masque tombe, c'est nous, nos éternels défauts mis à nus, nos avarices et nos amours, nos fantaisies, nos ridicules.
Cette première parenthèse, pas encore assez fréquentée, est une vraie réussite. Je me sens ce matin plus Arlequin que jamais.
Vincent | |
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